Lundi 6 octobre 2025, les autorités iraniennes et françaises ont reconnu un progrès dans les pourparlers visant à faire émerger un échange de prisonniers entre les deux pays. L’enjeu porte notamment sur Cécile Kohler et Jacques Paris, détenus en Iran depuis 2022, et Mahdieh Esfandiari, ressortissante iranienne arrêtée en France pour des publications en ligne. Cette avancée arrive quelques jours après que Lennart Monterlos, cycliste franco-allemand, a été acquitté des accusations d’espionnage et libéré.
Le dossier Monterlos : signal encourageant
Monterlos, qui avait été arrêté en juin 2025 en Iran, avait été accusé d’espionnage. Le tribunal iranien de la province de Hormozgan l’a officiellement acquitté, selon l’agence Tasnim. Il a depuis regagné la France, où le gouvernement souligne sa surveillance constante du retour de ses ressortissants détenus à l’étranger.
Cette libération intervient dans un contexte de forte mobilisation diplomatique et politique, et constitue un signe fort dans la dynamique des négociations. Le gouvernement français insiste néanmoins pour que la libération ne soit ni partielle ni conditionnée à des compromis juridiques inacceptables.
Qui sont les détenus concernés ?
Cécile Kohler et Jacques Paris
Ces deux Français sont emprisonnés depuis 2022 en Iran, sous des accusations d’espionnage et d’agitation. Paris et Kohler affirment être victimes de détention arbitraire. Le gouvernement français conteste les conditions de leur incarcération, dénonçant un accès consulaire limité et des traitements jugés inhumains.
Mahdieh Esfandiari
Du côté iranien, Mahdieh Esfandiari est ressortissante iranienne et résidait en France. Elle a été arrêtée en France en 2025 pour des propos publiés en ligne concernant le conflit de Gaza, des accusations que ses partisans dénoncent comme des atteintes à la liberté d’expression.
L’idée qui circule serait une transaction : Kohler et Paris seraient libérés en échange de la remise d’Esfandiari à l’Iran. Cependant, aucun document officiel n’a été signé à ce jour, et les modalités restent à l’étude.
Progression des négociations : enjeux et obstacles
Les deux parties affirment que les discussions sont « en cours » et qu’elles observaient « un esprit de coopération ». Toutefois, les étapes finales restent sensibles et délicates à franchir.
Obstacles juridiques et diplomatiques
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L’acceptation d’un échange pourrait être perçue comme une concession politique pour certains au sein des deux gouvernements.
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Le respect de la procédure judiciaire pour Esfandiari pourrait limiter les marges de manœuvre de l’Iran.
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Le rôle des juridictions internationales : en septembre 2025, la France a abandonné une plainte contre l’Iran à la Cour internationale de justice concernant les droits consulaires liés à des détenus citoyens français.
Confiance et garanties
Pour que l’échange soit viable, chaque partie doit garantir que les libérations se feront « inconditionnellement » et sans représailles ultérieures. Le contexte de hostages diplomatique, déjà accusé à l’Iran par plusieurs pays, renforce la méfiance.
Réactions politiques et médiatiques
En France, la presse parle d’une possible « victoire diplomatique » si l’accord se concrétise. Certains élus appellent à ne pas céder aux chantages, tandis que d’autres voient dans cette dynamique une démonstration de la puissance de la diplomatie non violente.
À Téhéran, les médias officiels évoquent le « respect mutuel » dans les négociations, mais rappellent que l’Iran continue de défendre ses procédures judiciaires internes.
Scénarios possibles
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Signature rapide de l’accord : libération immédiate des détenus avec échange officiel dès que les documents sont ratifiés.
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Accord partiel ou conditionnel : une libération temporaire ou sous conditions pourrait être acceptée temporairement.
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Blocage final : divergence sur les garanties ou les modalités pourrait faire échouer l’accord, poussant les deux nations à durcir leurs positions.
Enjeux pour la diplomatie française
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Image : réussir un échange serait valoriser la diplomatie française comme protectrice de ses citoyens.
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Précédent : cela pourrait créer un précédent pour d’autres cas de ressortissants détenus à l’étranger.
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Relations internationales : la France pourrait renforcer sa position dans les dossiers du Moyen-Orient en prenant ce cas comme levier diplomatique.
Conclusion
Les négociations entre l’Iran et la France autour d’un échange de détenus représentent un tournant dans une relation déjà tendue. Si l’accord sur Kohler, Paris et Esfandiari se concrétise, il sera salué comme un exemple rare de résolution diplomatique. Mais les obstacles restent nombreux : confiance, procédure judiciaire, enjeux politiques.
À cette heure, l’espoir demeure, mais la prudence domine les diplomaties.

