Claude Mythos n’a pas « cassé » l’AES complet qui protège une grande partie des données et des paiements numériques. Le prototype de cybersécurité d’Anthropic a contribué à découvrir une nouvelle méthode d’attaque contre une version volontairement réduite de l’algorithme, ainsi qu’une attaque améliorée contre HAWK, un schéma expérimental de signature numérique.
Le résultat est important pour la recherche : il montre qu’une intelligence artificielle avancée peut aider les cryptographes à explorer rapidement des pistes complexes. Mais il ne signifie pas qu’un pirate peut désormais déchiffrer une carte bancaire, une connexion HTTPS ou une base de données correctement protégée par AES.
Qu’a découvert Claude Mythos Preview ?
Anthropic présente Mythos Preview comme un modèle spécialisé dans la recherche de vulnérabilités informatiques. L’entreprise affirme qu’il a identifié des faiblesses dans des bibliothèques cryptographiques et travaillé sur deux problèmes de cryptanalyse : une variante réduite d’AES et HAWK.
Dans le cas d’AES, les chercheurs ont étudié une version comportant moins de rondes de transformation que l’algorithme standard. Les rondes successives mélangent progressivement les données et la clé. Les supprimer rend volontairement le système plus accessible à l’analyse et permet aux cryptographes de tester de nouvelles méthodes.
Pourquoi l’AES utilisé dans les paiements reste-t-il sûr ?
AES existe principalement avec des clés de 128, 192 ou 256 bits. Selon la taille de la clé, l’algorithme complet exécute 10, 12 ou 14 rondes. La recherche évoquée par Anthropic porte sur un nombre réduit de rondes, et non sur ces configurations complètes.
C’est une distinction fondamentale. Réussir une attaque sur un modèle réduit aide à comprendre la marge de sécurité d’un algorithme, mais ne fournit pas automatiquement une attaque praticable contre sa version déployée. Anthropic précise elle-même que le résultat « ne casse pas le chiffrement complet ».
Les paiements ne reposent d’ailleurs pas sur AES seul. Les systèmes modernes combinent chiffrement, authentification, clés temporaires, matériel sécurisé, jetons de paiement et contrôles antifraude. Une faiblesse théorique dans un composant expérimental ne suffit pas à compromettre toute cette chaîne.
Qu’est-ce que HAWK et pourquoi l’attaque est-elle intéressante ?
HAWK est un schéma de signature numérique conçu pour résister notamment aux futurs ordinateurs quantiques. Une signature ne sert pas à cacher un message : elle permet de vérifier son authenticité et qu’il n’a pas été modifié.
D’après Anthropic, Mythos Preview a trouvé en environ 60 heures une attaque inconnue réduisant sensiblement la sécurité estimée d’une configuration de HAWK. Les concepteurs ont pu examiner le résultat. HAWK reste toutefois une proposition de recherche et n’est pas un standard déployé dans les paiements quotidiens.
Pourquoi cette avancée compte malgré tout
La cryptanalyse demande de combiner littérature scientifique, intuition mathématique, programmation et expérimentation. Un modèle capable d’explorer de nombreuses hypothèses peut accélérer ce travail, repérer des structures négligées et assister les chercheurs humains.
Cette capacité peut servir la défense : tester les algorithmes avant leur adoption, corriger les bibliothèques et évaluer plus rapidement de nouveaux standards. Elle comporte aussi un risque si des modèles très puissants permettent à des attaquants d’automatiser la recherche de failles. C’est pourquoi Mythos n’est accessible qu’à un groupe limité d’organisations de sécurité.
Les cinq faits à retenir
- L’AES complet n’a pas été cassé.
- L’expérience concernait une version à nombre de rondes réduit.
- Le résultat HAWK vise un schéma proposé, pas un système de paiement courant.
- Les découvertes restent importantes pour la recherche cryptographique.
- Aucun particulier n’a besoin de changer ses cartes ou ses mots de passe à cause de cette annonce.
Source principale : publication technique d’Anthropic sur Claude Mythos Preview. Cet article distingue les affirmations de l’entreprise des conséquences réellement démontrées.